Je suis par ma nature de barde claironnant
Absent de ces tumultes, hors des sentiers battus,
Et n’ai pas trop envie de faire couler le sang
Pour dire sur le forum: l’ai-je bien descendu ?
Mais si je ne suis pas taillé pour entrer dans la ronde
Il me reste certaines choses qui me différencient
Si je ne fais pas partie de la meute qui gronde
Je m’amuse aussi bien avec quelques amis
J’organise des combats, j’aménage des duels,
Je provoque des challenges (je tiens même les paris !)
Mais les participants de ces joutes cruelles
Ne sont pas des humains, mais des monstres tout gris
Quel plaisir quand je vois, au son du tambourin,
S’entrelacer serpents, scorpions et ettins réunis,
S’infliger des blessures, échanger leurs venins,
Et s’effondrer soudain, victimes de ma magie
Cet art est délicat, il n’est pas sans danger,
Car souvent ma couleur passe du bleu au gris
Quand un passant attaque un que j’ai provoqué
Je deviens meurtrier, c’est l’un de mes soucis !
Mais je ne plains pas : si ma bourse aplatie
Me permet de mourir quelquefois sans séquelles,
Je préfère, et de loin, sortir en compagnie,
Des Templiers bien sûr, mais parfois de rebelles
Hé oui, c’est difficile pour un barde insomniaque
De trouver mes collègues aux heures noires de la nuit :
Alors je me retrouve pour faire des attaques
Des joueurs de tout bord devenus des amis
Et c’est une joyeuse bande, toutes guildes mélangées
Qui parcourent les donjons, arbalète à la main
Pilonnant les ettins, traquant les meurtriers,
On n’est pas du même bord, mais qu’est-ce qu’on rigole bien !
Lecram, barde sans ennemis