Je vis dans le coeur de la forêt, au sein de son ventre, dans l'éternelle obscurité de ses entrailles souterraines. Un peau noire recouvre mon corps sec et athlètique. Mes long cheveux bruns sont couverts de terre humide. Je possède et dompte les sombres pouvoirs de la terre nourricière et de ses créatures. Je connais et maîtrise les vents et les sons de la nature ou d'une simple harpe d'humain. Tout ça, parce que je suis... Je suis une Elfe Noire, je suis Lilith...
Je peux dresser et commander un troupeau de cerfs grâce à ces pouvoirs. Je peux même les conduire à terrasser une troupe d'Orcs en chasse. Je peux stopper un combat, condamné à finir dans le sang d'innocents, grâce à la musique. Je peux apaiser un cougar devenu fou de rage et de faim. Mais je ne le fais pas ! Je n'utilise pas mes pouvoirs. En tout cas, pas de cette façon. Pourquoi ? Et bien, tout simplement parce que je suis une Elfe Noire, je suis Lilith...
Si je décide d'utiliser ces facultés, he bien... Je vais dresser une dizaine des loups enragés et affamés. Je vais les envoyer sur le troupeau d'un pauvre berger. Ma meute va tuer, égorger et mutiler les moutons et les agneaux. Le berger, je vais l'éventrer de ma lame empoisonnée et le regarder mourir lentement. Je veux qu'il emporte mon regard dans la mort. Je vais découper sa tête, et la ramener devant la porte de sa ferme. Le tout, enroulé dans un linge noir tissé des poils d'un loup sauvage. La signature de ma race. Je resterai caché dans les buissons pour voir l'expression d'horreur de sa famille devant cette découverte. Je pourrai tous les tuer, mais je veux qu'ils racontent cette histoire qui fera frémir tous les aventuriers de Britannia. Je suis cruelle ? Non ! Je vous l'ai dit. Je suis une Elfe Noire, je suis Lilith...
Mais je pourrais aussi choisir de provoquer les aventuriers entre eux. J'aime, la nuit, m'avancer aux abords des villes. En quête d'une proie. Je choisis un garde. Un homme fort et vigoureux. Un homme habillé d'une lourde armure et d'une longue épée. Puis j'attends... J'attends la vraie cible. Oui, le garde n'est que la lame de mon forfait. Quand de pauvres paysans (j'aime les paysans) ou de riches marchands passent le point de garde. Je fais jouer ma harpe. J'appelle les sons de la nuit pour rendre fous et dément mon petit garde. Celui ci, sans retenu, va massacrer ces pauvres innocents. Au matin, l'horreur sera dans les yeux de ses camarades... Qui n'auront d'autres choix que de le tuer pour stopper le carnage. Hihi, j'aime la nuit. Je suis une Elfe Noire, Je suis Lilith.
Mon autre pouvoir, le plus pacifique, peut être des plus cruels quand je décide de m'en servir. La nuit dernière, j'ai croisé un groupe de guerriers humains en route pour le camp des Orcs. Je les ai suivi discretement. Arrivés au camp orc, l'assaut a été lancé. J'ai sorti ma harpe. Quand les humains ont été devant les orcs, j'ai joué un doux air de paix... Les humains ont laché leurs armes et ouvert leurs bras en signe d'amité envers les Orcs. Ces créatures en ont profité, naturellement, pour les égorger et torturer les prisonniers. J'ai passé une nuit merveilleuse. Une nuit digne d'une Elfe Noire, digne de Lilith.
Non, Arrêtez ! Ne pensez pas celà, Je vous interdit !!! Ce n'est pas de la violence gratuite, loin de là. C'est de la vengeance. Une vengeance qui est enfouie au plus profond des récits et des légendes de ma race... Ma race ! Les Elfes Noir. Je ne connais que moi ! Lilith.
A une époque, où nous étions encore une "Race", mon peuble vivait à la surface, dans la forêt. Nous vivions en harmonie avec la nature et les pouvoirs des sons. Nous étions un peuple fier, de chasseurs et de meneurs de troupeau. Mais les humains... Les humains... Ce mot sonne comme une insulte dans ma bouche. Il y a bien les Orcs qui nous ont attaqués de temps en temps. Mais ces derniers sont stupides et leur violence n'est qu'inversement proportionnelle à leur intelligence. Pourtant, il ne nous a jamais fallu déployer tout nos pouvoirs pour les repousser. Heureusement, en fait, mon peuple était le plus pacifique des peuples... Nous préferions subir que tuer.
Ce fût notre faiblesse, et la forêt notre tombeau. Les humains, toujours plus nombreux, ont envahi notre territoire. Mon peuple fût fait esclave pour ses pouvoirs. Mais nous ne pouvions vivre en captivité sans déperir lentement. Certains prirent les armes et montèrent des troupeaux d'animaux sauvages. La majorité de mon clan était contre cette violence et l'utilisation de nos pouvoirs. Ils furent les premiers à mourir. Les humains comprirent assez vite les dangers que nous pouvions être pour eux. Des armées de soldats brûlèrent et ravagèrent nos forêts. Nous dûmes nous enfouir dans les entrailles de la terre. Les hommes décidèrent que nous devions être tués à vu.
Des années plus tard... Mon peuple est décimé, ma famille exterminée. Je songe à la surface, je me demande qu'elle est la couleur du soleil, la couleur d'un arbre en fleurs, la couleur de mes yeux.Je ne connais que deux couleurs, la couleur de la nuit et... la couleur du sang. Je me demande si je suis la dernière. La dernière Elfe Noire, Lilith, qui pleurent dans le noir d'une journée souterraine en attendant le rouge de ses nuits.
O' du Lac